Tout d’abord, cessons de diaboliser le cholestérol...

Ce n’est pas le cholestérol qui bouche les artères mais les caillots ! Les quatre principaux facteurs de risque cardiovasculaire n'ont rien à voir avec son taux : mauvaise alimentation occidentale actuelle (trop d’aliments industriels ultra-transformés, de produits à base de céréales raffinées, de sodas et jus de fruits excessivement riches en sucres ajoutés...), absence d’activité physique, tabagisme et stress . Le manque de cholestérol, en revanche, gêne, entre autres, le fonctionnement du récepteur de la sérotonine, la production de bile, de vitamine D, de certaines hormones sexuelles…

Et méfions-nous des glucides à index glycémique élevé !

Des preuves scientifiques solides ont établi que les produits céréaliers raffinés c’est-à-dire blancs (pain, pâtes, riz, semoule…) mais également trop cuits, soufflés (galettes de riz, de maïs) ou complets mais sous forme de biscottes, pain de mie...ainsi que les pommes-de-terre et tous les aliments industriels enrichis en sucres ajoutés (sucre blanc ou roux, sirops de maïs, sirops de fructose-glucose) comme les céréales du petit-déjeuner, les sodas, les plats cuisinés... contribuent aux maladies cardiovasculaires * (et pas seulement à la prise de poids, au diabète et à certains cancers)

*Brand-Miller J, McMillan-Price J, Steinbeck K, Caterson I. Dietary glycemic index: health implications. J Am Coll Nutr. 2009 Aug;28 Suppl:446S-449S. Review.

De nombreuses études ont permis de comprendre l’efficacité de certains aliments et de leurs associations pour protéger notre cœur et nos artères naturellement, sans médicaments, en adoptant des règles diététiques simples. C’est ainsi que trois régimes s’avèrent particulièrement protecteurs

  • Le régime de type méditerranéen :

Ce régime est à base de fruits, de légumes frais et secs, de noix (notamment noix de Grenoble et amandes) , de céréales peu transformées, de poisson (notamment petits poissons gras comme les sardines, les anchois ou les maquereaux), avec un peu de viande, de fromages de chèvre et brebis et un peu de vin rouge antioxydant (polyphénols) chaque jour a fait la preuve de son efficacité pour prévenir infarctus et AVC *. Il présente un bon équilibre entre les graisses saturées, celles mono-insaturées de l’huile d’olive et les deux familles d’acides gras polyinsaturées oméga-6 et oméga-3.

* c’est la fameuse étude de Lyon publiée en 1994 puis 1999 par l’équipe du Dr Michel de Lorgeril qui a prouvé que les victimes d’infarctus qui adoptent un régime méditerranéen enrichi en oméga-3, voient leur risque de récidive réduit de 50 à 70 %

  • Le régime Okinawa :

à base de fruits, légumes, algues, soja, poisson, avec un peu de riz, de la patate douce hypoglycémiante (et sans pain ni autres céréales) des épices anti-oxydantes et anti-inflammatoires en abondance (curcuma, gingembre, galanga), du thé vert anti-oxydant (polyphénols) ce régime assez frugal et dont 78 % de ce qui est consommé est d’origine végétale, est reconnu comme l’un des plus protecteurs. Ce régime apporte de nombreux acides gras oméga-3 (poissons gras, algues, huile de colza...) dans des proportions idéales.

  • Le régime ancestral ou paléolithique :

Caractérisé par une consommation abondante de fruits, légumes, noix et graines, tubercules et racines (à l’exception des pommes de terre), une consommation variable de viande, poisson et œufs, il exclut céréales, laitages, aliments transformés et raffinés. Ce régime qui incite à manger plus de protéines, plus d’oméga-3 est également très équilibré en acides gras.

Ces trois régimes qui salent peu et utilisent beaucoup d’épices et d’aromates font, en outre, consommer abondamment :

- ail et oignon tous deux, grâce à leurs composés soufrés, font diminuer le taux d’homocystéine, marqueur des maladies coronaires, dans le sang et le fluidifient donc limitent le risque de thromboses ;

- des aliments riches en vitamine K qui possède des propriétés anti-inflammatoires et protégerait des maladies cardiovasculaires : blettes, choux, algue Wakamé, épinards, cresson, endives, jaune d’œuf, chocolat noir, sarrasin…

- des aliments riches en lutéine un caroténoïde qui pourrait diminuer l’inflammation chez les personnes qui souffrent de maladie coronarienne : courgettes, épinards, concombre, poivrons orange et verts, jaune d’œuf, kiwis, raisins noirs…

- des aliments riches en quercétine un anti-oxydant (polyphénols) qui pourrait diminuer le taux de protéine C-réactive (CRP), bon indicateur de l'inflammation et du risque de maladie cardiovasculaire: en bonne quantité dans l’oignon et les câpres, on en trouve aussi dans les pommes, les baies rouges et noires, le raisin rouge, le brocoli, les agrumes, le cacao, le vin rouge et le thé.

- des noix et graines oléagineuses : dans une étude de 2015, des chercheurs néerlandais ont montré que les personnes qui consomment environ 10 grammes de noix, amandes, noisettes et/ou d’arachides par jour ont un risque de mortalité diminué par rapport à celles qui n’en consomment pas.

Article écrit pour le magazine Ecolomag mai-juin 2018