I / Les cycles du sommeil  

Les quatre premières phases correspondent au sommeil lent (le tracé encéphalogramme qui mesure l'activité rythmique du cerveau montre des ondes de plus en plus lentes, au fur et à mesure que le dormeur va vers le sommeil profond) Ce sommeil lent est dévolu à la régénération énergétique du corps, à la synthèse des protéines, aux divisions cellulaires, à la sécrétion de l'hormone de croissance...

a / la 1ère phase, période transitoire entre l'éveil et l'endormissement » est une « somnolence » souvent précédée de bâillements, caractérisée par une réduction de la vigilance, du tonus musculaire et de la fréquence cardiaque.

Elle dure normalement une vingtaine de minutes, au-delà c'est le signe d'une insomnie.

b/ la 2ème phase est celle du sommeil léger qui occupe environ 50 % du temps de sommeil total. Le dormeur est assoupi mais encore sensible aux stimuli extérieurs.

c / les 3ème & 4ème phases correspondent au sommeil profond qui occupe environ 100 minutes au cours d'une nuit moyenne de sommeil. Les signes vitaux ralentissent tout en devenant réguliers. C'est à ce stade que peuvent se produire les terreurs nocturnes ou le somnambulisme.

C'est pendant ce sommeil profond qu'ont lieu les divisons cellulaires et la production de l'hormone de croissance, d'où l'importance du sommeil chez l'enfant.

d / la 5ème phase est celle du sommeil paradoxal, qui représente environ 25 % du temps total de sommeil. elle est appelée ainsi parce que le cortex cérébral connaît une activité intense, plus proche de celle de l'éveil, qui contraste avec l'atonie musculaire excepté les mouvements oculaires qui sont intenses et saccadés. On observe également une dilatation des organes pelviens et chez les hommes une érection qui peut conduire à une éjaculation. Cette activation des circuits neuronaux a fait émettre l'hypothèse que le " sommeil paradoxal " servirait à la vérification de l'intégrité de ces circuits.

Le rôle du sommeil paradoxal est encore méconnu ; selon certains auteurs il jouerait un rôle complexe dans la réparation des processus cérébraux, notamment ceux impliqués dans la concentration, les processus d'apprentissage. Michel Jouvet (professeur de médecine expérimentale et à qui on doit la découverte du mécanisme du sommeil expérimental) émet l'hypothèse que le sommeil paradoxal favorise la maturation de nos comportements innés afin d'adapter et de modeler notre personnalité face aux agressions de l'environnement tout en maintenant sa spécificité. La phase du sommeil paradoxal est la plus propice aux rêves.

Une personne privée de sommeil paradoxal souffrira de troubles de la personnalité.

En cas d'interruptions fréquentes du sommeil nocturne, la proportion de sommeil paradoxal diminue et cette diminution provoque une agitation et une excitation accrues pendant la journée.