Le cartilage et ses composants

Le cartilage est composé d’une seule catégorie de cellules : les chondrocytes. Ces derniers synthétisent normalement chondroïtine et glucosamine. Cependant, en cas d’arthrose, ces chondrocytes qui contribuent à l’hydratation du cartilage, et donc à sa flexibilité et à son élasticité, ne parviennent plus à accomplir correctement leur tâche à cause de l’inflammation. De plus, la production par l’organisme de ces deux substances diminue progressivement avec l’âge. L’association glucosamine-chondroïtine est pertinente puisque les mécanismes d’action de ces deux molécules sont différents et complémentaires.

Les chondrocytes fabriquent également du collagène qui donne sa forme et ses propriétés de tension au cartilage. Or, lui aussi, en cas d’arthrose, est littéralement « digéré » par des enzymes activées par l’inflammation et donc ne joue plus son rôle. Sa production, tout comme celle de la chondroïtine et de la glucosamine diminue progressivement avec l’âge.

* On estime que la prise de ces deux produits améliore l’état des arthrosiques dans environ 80 % des cas. Il existe dans le commerce des préparations associant ces deux molécules, mais leur dosage est souvent insuffisant. Il est recommandé de prendre, répartis au cours des deux ou trois repas, 1500 mg de sulfate de glucosamine et de 800 mg à 1200 mg par jour de chondroïtine. Il faut compter, selon les individus, de 2 à 8 semaines pour que l'effet se fasse pleinement sentir.

** Collagène marin : il est conseillé de prendre 1 g de collagène marin de type II par jour, pendant le repas, associé à de la vitamine C impliquée dans sa synthèse. Une cure de 2 mois est indispensable pour ressentir les effets.

Les plantes (et substances issues des plantes) qui soulagent

A côté de la chondroïtine, de la glucosamine et du collagène qui peuvent avoir une action anti-inflammatoire et restructurante, voici quelques plantes qui recueillent le plus de preuves empiriques et scientifiques pour soulager l’arthrose, à prendre en association. Plusieurs compléments alimentaires proposent d’ailleurs des associations de ces plantes. Vérifiez les doses efficaces pour bien choisir le vôtre.

I/ les plantes qui réduisent l’inflammation :

Soulager directement la douleur, comme le font les dérivés salicylés, n’est pas suffisant, on sait depuis longtemps qu’il faut aussi réduire l’inflammation.

- Le curcuma qui contient de la curcumine, un anti-inflammatoire exceptionnel qui réduit sensiblement la douleur. Celle-ci doit être formulée avec de la pipérine extraite du poivre ou du gingembre et surtout associée à une matière grasse afin de réduire son élimination et de la rendre davantage biodisponible.

Dose efficace constatée : 200 mg par jour de curcumine.

L’association curcuma-gingembre en cuisine est à pratiquer le plus souvent possible car leur synergie est un excellent anti-inflammatoire.

- Quercétine(extraite le plus souvent du Sophora japonica) + Bromélaïne (extraite de la tige de l’ananas) : Le dosage quotidien est entre 500 mg et 1 200 mg et peut aller jusqu'à 2 000 mg, le tout réparti en trois ou quatre prises. Le traitement dure normalement une dizaine de jours.

Mieux vaut choisir un complément offrant une forte concentration en vérifiant que les gélules utilisées soient bien gastro-résistantes.

-l’Harpagophytum (Harpagophytum pro­cumbens) ou griffe du diable(Douleurs aux articulations attribuables à l'arthrose, aux muscles ou aux tendons )

Originaire du sud-est de l’Afrique cette plante est traditionnellement utilisée pour soulager les douleurs articulaires et lombaires. Ses propriétés anti-inflammatoires sont dues aux harpagosides qu’elle contient. C’est la plante qui a été la plus testée et donc possède le plus haut niveau de preuves scientifiques contre les douleurs de l’arthrose.

Dose efficace constatée : la posologie moyenne est comprise entre 600 et 1200 mg par jour d'extrait titré à 4 ou 5% minimum d'harpagosides. (Privilégier les extraits normalisés dont le taux d’extraction est de 5:1si possible)

Poursuivre le traitement 2 à 3 mois, même si on peut escompter un effet anti-inflammatoire dès 3 semaines de traitement.

Contre-indication : ulcère gastro-intestinal allergie. Interaction possible avec des anticoagulants, antidiabétiques.

- Le macérât glycériné de bourgeons de Cassis (Ribes Nigrum) : 5 gouttes trois fois/jour en sublingual, à distance des repas. (éviter la dilution 1DHde Chez Boiron). Le cassis possède un effet « cortico-like »

Deux autres plantes moins utilisées mais qui donnent de bons résultats :

La boswellia serrata : principalement originaire d’Inde,la Boswellia serrata est une plante de la médecine ayurvédique pour soigner des maladies inflammatoires. Les études montrent qu’elle permet de réduire la douleur, d’améliorer la mobilité et la fonction articulaires des personnes arthrosiques.

Dose efficace constatée : 100 mg/jour d'extrait.

La griffe de chat (Uncaria tomentosa et Uncaria guianensis) : L’écorce de griffe de chat est utilisée depuis des centaines d’années en décoction par les peuples du bassin de l’Amazone pour traiter l’arthrose, le lupus ou encore certaines affections gastro-intestinales. Elle doit ses propriétés anti-inflammatoires et analgésiques aux alcaloïdes et polyphénols qu’elle contient. Les études cliniques contre placebo ou d’autres molécules naturelles sont encourageantes, et la plante est bien tolérée.

Dose efficace constatée : 100 mg/jour.

I/ les plantes aux composés salicylés (précurseur de l’aspirine) qui soulagent directement la douleur :

- L'écorce de saule :

dosage courant : 60 à 120 mg de salicine par jour. Mais des dosages quotidiens de 240 mg de salicine sont possibles en cas de poussées douloureuses aiguës.

Attention : les dérivés salicylés sont contre-indiqués en cas d’allergie ou d’intolérance à l’aspirine. À n’utiliser que sous contrôle médical dans de nombreuses affections cardiovasculaires par exemple, car la plante fluidifie le sang.

- La reine-des-prés :

1 cuiller à soupe de sommités fleuries séchées pour 1 tasse d’eau à peine frémissante (les salicylates sont détruits au-dessus de 90 °C). Laisser infuser 10 minutes à couvert, boire 3 à 4 tasses par jour, dont la première à jeun ; ou 1 à 2 gélules à 300 mg environ aux trois repas.

Attention : contre-indiquée en cas d’allergie ou d’intolérance à l’aspirine.

Les huiles essentielles pour juguler la douleur 

Les molécules présentes dans les huiles essentielles pourront tantôt inhiber les récepteurs qui amplifient la sensation de douleur, tantôt stimuler les récepteurs qui freinent la douleur.  

Gaulthérie couchée : un grand classique de l'aromathérapie

Ses indications antalgiques sont innombrables : rhumatismes musculaires, goutte, arthrite inflammatoire, polyarthrite, arthrose vertébrale, épicondylites ; inflammations douloureuses : tendinites, muscles fatigués et douloureux, crampes…

Mode d’emploi : en massage, diluée à 20 % dans une huile végétale.

Le Genévrier pour arthrose rhumatisme ou goutte

Ces baies renferment 0,5 à 2 % d’une huile essentielle riche en mono­terpènes qui lui confère ses propriétés anti-rhumatismales (elle favorise l’excrétion des toxines rénales et de l’acide urique), antalgiques (elle calme la douleur), anti-inflammatoires, et diurétiques.

Mode d’emploi : l’huile essentielle sera diluée à 3 ou 5 % dans une huile végétale de qualité pour pratiquer des frictions locales 2 à 3 fois par jour.

Moins connu et utilisé : L’encens (boswellia), un emprunt à la médecine ayurvédique

Connue en médecine ayur­védique et en médecine traditionnelle chinoise, l’huile essentielle d’encens oliban soulage l’inflammation causée par l’asthme, l’arthrite, l’arthrose, les affections abdominales inflammatoires (colite, maladie de Crohn). Elle agit sur les cytokines et les leucotriènes (médiateurs pro-inflammatoires qui interviennent par exemple dans la constriction des bronches en cas d’asthme). On trouve des extraits normalisés de résine à 37,5 % d’acides boswelliques à utiliser trois fois par jour. L’action est surtout sensible après quatre à huit semaines.

Et il en existe d’autres….

    Huile pour massages articulations douloureuses :

    - HE Gaultherie + HE Eucalyptus citronné + HE de Laurier noble : 1ml de chaque chaque huile essentielle dans 30 ml d’huile végétale de Callophyllum ou d’Arnica qui sont anti-inflammatoires (ou à défaut de Noisette)Se masser avec environ 5 gouttes de ce mélange 3 à 4 fois par jour et chaque fois que la douleur se réveille.

En résumé :

un traitement de terrain restructurant (régénérateur) du cartilage avec glucosamine-chondroïtine + un apport en silice associé avec Harpagophytum, bourgeons de Cassis et Bromélaïne ou Quercétine est une solution naturelle préventive et curative.