Histoire de la soupe pour éveiller curiosité et papilles :

Le premier bouillon date du Néolithique, affirmation attestée grâce aux fouilles ayant mis en évidence des traces d’utilisation de récipients qui servaient à la préparation de breuvages chauds.

La Préhistoire est marquée par les prémisses de l’agriculture et notamment de la culture des céréales qui, broyées, enrichiront le bouillon auquel est également rajouté herbes et racines.

Au Moyen-Age, le pain domine l’alimentation et c’est au XIIIe siècle que le terme « soupe » fait son apparition pour désigner la tranche de pain que l’on arrose de bouillon.

C’est à partir du milieu du XVe siècle que la soupe désigne le plat que l’on connaît aujourd’hui : un bouillon épaissi par des aliments solides non passés, généralement à base de légumes auxquels peuvent être ajoutés néanmoins des morceaux de viande.

Les XVIIe et XVIIIe  siècles voient l’essor de la cuisine française et la profusion d’ouvrages de recettes dans lesquels soupes, potages et consommés y sont très présents.
De plus, la découverte de nouveaux continents a permis de faire connaître des légumes, féculents, et animaux en provenance du « nouveau monde » comme par exemple la tomate, le poivron, le maïs, les haricots verts, la dinde… et ainsi de diversifier les préparations.

Ensuite les innovations industrielles donneront lieu au premier potage minute mis au point par  Julius Michaël Johannes Maggi, le célèbre bouillon Kub date de 1908 et le premier potage déshydraté « Poule aux nouilles Knorr » est commercialisé en 1949.

C’est ainsi qu’alors qu’elle était encore consommée aux trois repas principaux, la soupe perdra  sa signification au XXIe  siècle jusqu’à devenir ce plat tant décrié pour renaître enfin au XXIe  siècle grâce au concept de bar à soupe, créé dans les années 90 à New York et qui a traversé l’Atlantique dès 2001.

Et qu'en est-il hors de nos frontières ?

Savez-vous que les Crétois et les habitants d’Okinawa, réputés pour leur exceptionnelle espérance de vie en pleine santé, en raffolent et en mangent tous les jours ?

Quant à la médecine traditionnelle chinoise, elle nous apprend  que l’estomac qui a besoin de porter le bol alimentaire à 38 °C pour faire son travail correctement, apprécie une soupe chaude (pas brûlante) et recommande un bol en début ou en fin de repas. Terminer son repas par un petit bol de soupe est meilleur pour la digestion que le terminer par un dessert sucré !

Toujours est-il que si elle est parfois vue comme « dépassée », la soupe reste un incontournable et se décline en une multitude de recettes aux grandes vertus, ce qui nous permet de nous régaler en toute santé

Les principales vertus d'un bol de soupe "fait maison":

– Il hydrate : équivalent à deux verres d’eau, il compense agréablement le manque chez ceux qui n’en boivent pas assez dans la journée. Bu chaud, ce potage, selon la médecine chinoise, possédera un pouvoir hydratant supérieur.

– Il représente l’équivalent d’une portion de légumes et donc conserve la majorité de leurs nutriments (vitamines, minéraux et antioxydants) et fibres. Petite astuce pour préserver le maximum de vitamines et minéraux : choisir des légumes de culture biologique, ne pas les éplucher, les cuire peu de temps et en maintenant une ébullition douce, à couvert, dans une casserole de bonne qualité.

Il est peu calorique et apporte une sensation de satiété : une étude menée chez des personnes en surpoids a révélé que commencer son déjeuner par un bol de soupe permet de diminuer les calories ingérées dans la journée.

Il permet d’intégrer des pâtes tout en conservant un index glycémique bas : l’association légumes et pâtes permet en effet de diminuer l’index glycémique souvent élevé de ces dernières… et c’est tout simplement délicieux pour peu qu’on joue avec épices, aromates et bonnes huiles bien parfumées !

 Quelques conseils pour se régaler en toute santé :

Notre alimentation « moderne » étant trop riche en sodium et pas assez en potassium, pour saler optez plutôt pour une petite poignée d'algues en paillettes « prêtes à l’emploi », une cuillère de pâte miso (pâte de soja fermenté) ou bien de tamari (sauce soja fermentée). N’oubliez pas les herbes aromatiques riches en antioxydants, qui parfument délicieusement.

– Variez les légumes : les courges qui donnent une belle onctuosité sont bénéfiques pour l’intestin et la rate tout comme les carottes et panais, les poireaux et le céleri, diurétiques, sont bien pourvus en potassium, les choux (sous toutes leurs formes) se distinguent par leurs composés soufrés,  leur taux élevé en vitamine C et en calcium… et bien sûr rajouter ail et oignon !

Pour agrémenter votre soupe, évitez la crème fraîche acidifiante et le gruyère râpé, acidifiants et trop riche en graisses saturées : préférez-leur une crème végétale (soja, amande, riz, avoine…) ou une bonne cuillère à soupe de purée d’oléagineux : amandes, noisettes, noix de cajou, cacahuètes…Astuce : pour un effet velouté, il suffit de la mixer à grande vitesse dans un blender adéquat !

Préférez la patate douce à la pomme-de-terre, plus originale et subtile, aimée des enfants pour sa douceur, elle présente surtout l’avantage de posséder un index glycémique bas et d’être hypoglycémiante.

Pensez à rajouter des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs...) qui l’épaissiront, la rendront goûteuse, plus nourrissante en l’enrichissant en protéines et minéraux sans en augmenter l’index glycémique.

Ou bien, dans le même esprit, des flocons de céréales ( flocons de riz, de millet, de sarrasin, d'avoine...)  des légumineuses (lentilles, pois-chiches, haricots secs…) et pourquoi pas un peu de farine de souchet qui lui donnera une belle consistance ainsi qu’un délicieux goût proche de la noisette.

Quelques idées de soupes futées pour...

Les adeptes de la récup’ : les soupes peuvent donner la part belle à toutes les fanes et à toutes les parties non utilisées des légumes (fanes de carottes, de betteraves rouges, feuilles dures des fenouils, feuilles extérieures des choux, tiges des brocolis…)

Ceux et celles qui possèdent un potager : les soupes sont l’occasion d’utiliser les légumes de fin de saison qui tardent à mûrir correctement, ont perdu un peu de leur saveur  ou dont la chair a durci.

Les plus pressés : il ne faut pas hésiter à avoir recours aux conserves de bonne qualité telles que des légumineuses ou des châtaignes au naturel, des petits pois, du maïs..., qui ajoutés à des légumes simplement cuits vapeur donneront d’excellents veloutés que l’on assaisonnera au gré de sa fantaisie.

Alors, quand réunissez-vous vos amis autour d’un buffet de soupe, en invitant chacun à apporter sa création gourmande et en jouant à faire deviner ce qu’il y a dedans ? Pas besoin d’être toqué pour mettre irrésistiblement en appétit

Quelques recettes automnales que j'ai déposées sur le site des produits bio Markal, à réaliser telles quelles ou à customiser selon vos envies et votre créativité culinaire :

La soupe « récup » aux flocons d’avoine

Velouté de châtaignes et poireaux aux éclats de noisettes

Soupe rustique aux légumineuses

Velouté épicé de potimarron et champignons

Soupe aux feuilles et spirales de lentilles corail

Soupe de légumes aux pennes pois chiche-maïs