Le corps humain est composé à 70% de liquides organiques ou « humeurs » (sang et lymphe circulant dans leurs vaisseaux respectifs et sérums qui baignent intérieurement et extérieurement les cellules). Ces liquides assurent simultanément le rôle de milieu nourricier, de voie d’approvisionnement et de voie d’évacuation des éléments éliminés par les cellules. Ils constituent « le terrain » de chaque individu.

    Ce terrain est le reflet d'une adaptation constante de la vie aux conditions intérieures et extérieures du corps, adaptation qui est une des conditions de la santé car les cellules ne peuvent fonctionner correctement que dans un terrain équilibré. Observer cet équilibre dynamique implique de considérer la dynamique entre la tendance vers l'acidité et la tendance vers l'alcalinité, qui est son contraire, au sein de l'organisme vivant : on parle d'équilibre acido-basique.

    Cet équilibre acide-base s'établit par un système d'échange entre les apports en protéines, lipides, vitamines, glucides, minéraux et oligo-éléments des aliments, leur métabolisme dans l'organisme et le rejet des déchets par les émonctoires.

    Les constituants de ces aliments appartiennent soit à la famille des acides soit à la famille des bases (ou alcalins). Lorsque ces deux familles se neutralisent naturellement l'une l'autre, à l'intérieur du corps (alimentation et hygiène de vie correctes, émonctoires se débarrassant bien des toxines acides...) on parle d'équilibre acido-basique.

    Avant tout, définissons ce que signifient les termes "acide" et "basique" (basique ou alcalin).

Le pH, dont le chiffre est compris entre 0 et 14 mesure le degré d'acidité ou d'alcalinité d'un liquide.

- de 0 à 7, on parle d'acidité croissante

- le chiffre 7 correspond à la neutralité

- de 7 à 14, on parle d'alcalinité croissante

(c'est une question de convention)

De manière générale, la modification du terrain est provoquée :

- soit par des carences : les cellules manquent des substances nécessaires que sont les vitamines, minéraux, oligo-éléments...etc. pour fonctionner correctement.
- soit par surcharge de déchets qui n'ont pas été correctement évacués : toxiques provenant de notre environnement pollué , toxines de microbes ou parasites… mais aussi des toxines résultant du métabolisme (colles, cristaux, cholestérol, acide urique...), substances présentes normalement dans le corps, mais pas en quantité aussi importante. Si ces déchets ne sont pas éliminés (émonctoires débordés) ils seront refoulés les profondeurs cellulaires et causeront des lésions : inflammation ou autres maladies ponctuelles, chroniques ou dégénératives.

Par conséquent, le traitement des troubles nécessite de traiter le terrain et pas seulement les symptômes !

Il s'agira de modifier la composition du terrain morbide par le drainage des toxines et par le comblement des carences. Un des nombreux terrains morbides existants est particulièrement répandu et nocif : le terrain acide. Hippocrate, affirmait déjà : « Certainement l’acide est le plus nuisible de tous les états des humeurs ».

Cet état d'acidose croissante reflète deux réalités :

  • le corps, dans son fonctionnement normal génère des acides (acide urique, acide lactique, acide chlorhydrique, acide nitrique, acide sulfurique) et ses mécanismes physiologiques sont naturellement orientés vers un perpétuel nettoyage de cet excès d'acidité. Les organes spécialisés dans l'élimination des déchets acides sont principalement les reins (acides dits « non volatils »provenant de la dégradation des protéines animales) et les poumons (acides dits « volatils » provenant de la dégradation des protéines végétales) mais participent également l'intestin qui , dans les selles, élimine les toxines lactiques acides et la peau qui, dans la sueur, rejette l’excès d’acide urique.

  • notre alimentation actuelle, privilégiant les protéines carnées et carencée en fruits et légumes, favorise l'acidose tissulaire. Notre mode de vie, souvent sédentaire, contribue également à dérégler cet équilibre acido-basique.

En outre, notre organisme, ne pouvant fonctionner avec un excès d'acidification du sang, dispose de "systèmes tampons" qui lui permettent de maintenir le pH du sang à sa valeur obligatoire.

C'est ainsi qu'il va puiser dans les substances minérales alcalines présentes dans les réserves : os, cartilages, dents,... (ainsi après des années d'acidose la déminéralisation s'installe avec pour conséquences : arthrose, l’ostéoporose...) et vider celles de l'intestin qui neutralise les toxines acides d'une alimentation trop riche en laitages, déstabilisant la flore intestinale ( d'où prolifération de germes pathogènes entrainant : cystites, mycoses digestives, sinusites, angines, etc.)

Il convient ensuite de préciser que les aliments ne sont pas dits acidifiants parce qu'ils ont un goût acide (le citron n'est pas acidifiant tandis qu'un steak l'est fortement) mais par la nature des résidus qu'ils libèrent après avoir été métabolisés par l'organisme.

Ainsi la digestion dégrade les produits carnés et les aliments riches en protéines en minéraux acidifiants : soufre, chlore et phosphore (acide sulfurique, chlorhydrique et phosphorique) tandis que les fruits et légumes renferment des minéraux alcalinisants : magnésium, potassium, calcium.

A noter que les légumineuses et les fruits oléagineux (noix et autres) bien qu'ils contiennent aussi des protéines sont moins acidifiants parce qu’ils renferment des minéraux alcalins : potassium, calcium, magnésium.

Nous pouvons et nous devons rétablir l'équilibre acido-basique en modifiant notre hygiène de vie et notamment :

  • en diminuant l'apport d'aliments acidifiants : produits carnés (viandes, poissons et charcuteries), laitages (surtout les yaourts et fromages blancs), sucres et farines raffinés, graisses saturées et "trans" (graisses animales et graisses hydrogénées des plats préparés industriels), huiles non pressées à froid, céréales (sauf riz et surtout celles contenant du gluten), légumineuses non germées (dans une moindre mesure), oléagineux (sauf amandes et noisettes et de toute façon dans une moindre mesure) café, thé noir, chocolat, sodas et jus de fruits industriels, fruits non mûrs...

  • en limitant les aliments naturellement riches en composés acides et qui susceptibles de devenir acidifiants pour les personnes présentant certaines déficiences métaboliques : fruits et légumes acides comme , les agrumes, les kiwis, la rhubarbe, les tomates (riches en acides oxaliques) l'oseille, les asperges, le cresson... boissons acides comme le champagne, le vin blanc, le cidre... vinaigre de vin classique (préférer vinaigre balsamique, de riz, d'umebosis, de cidre)
  • en augmentant l'apport d'aliments alcalins : tous les fruits et légumes bio cueillis à maturité , les pomme-de-terre, les amandes, les châtaignes, l'avocat, les huiles végétales pressées à froid, le soja, les graines germées et jeunes pousses, les herbes aromatiques et l'ail, le thé vert et les infusions (surtout d'ortie, de prêle, de fleurs de sureau,..) 

  • en augmentant la consommation des aliments crus (tout en respectant sa propre capacité métabolique à l'égard des crudités) afin de préserver au maximum vitamines et minéraux qui sont alcalinisants

  • par l'apport de suppléments alimentaires alcalinisants  : lithothamne (source importante de carbonate de calcium, 80 à 90% !), divers citrates alcalinisants proposés par de nombreux laboratoires, aloe vera …

  • en suivant une cure de détoxination une, deux ou plusieurs fois par an : cure de raisin en automne par exemple, monodiète de pommes, de riz...

  • en mangeant lentement, consciemment, dans le calme et en mâchant bien les aliments (ceci les rend plus alcalins).

  • par des exercices de respiration, marches régulières dans la nature..

  • par des activités énergétiques harmonieuses et équilibrantes : qi gong, yoga...

En résumé :

Une nourriture carnée sera plus acidifiante qu'un régime végétarien, donc une alimentation équilibrée comportera surtout des crudités, des légumes cuits, des céréales (de préférence sans gluten), des légumineuses (de préférences germées), des amandes et noix diverses, des fruits et des graines germées.

Attention, il ne s'agit pas d'éliminer les aliments acidifiants (nous avons par exemple besoin des protéines qui construisent et entretiennent nos tissus) mais d'en réduire la consommation et surtout d'en limiter l'impact en équilibrant correctement son assiette, soit 2/3 de légumes et 1/3 de protéines (en privilégiant les protéines végétales, le poisson et la viande blanche)

Par ailleurs, il est important de soulager les organes d'élimination (émonctoires)dans leur mission nocturne de détoxination générale et dans leur évacuation d'acides en particulier, aussi est-il important d'être attentif à son repas du soir.

Il sera pris le plus tôt possible (l'idéal vers 19 heures/ 19 heures 30 pour un coucher vers 22 heures 30), sera léger et ne comportera pas de viande ni de fromage.

Enfin, en testant notre pH urinaire à l'aide de papiers réactifs vendus en pharmacie ou dans les magasins de produits "bio", on peut facilement déterminer si notre corps cherche à se défaire d'un trop plein d'acides.

En règle générale, un pH est plus acide le matin (première urine après le lever, fréquemment de l'ordre de 5,5 à 6,5) puis présente une valeur d'environ 6,5 à 7 à midi, pour terminer entre 7 et 7,5 le soir.

Cela signifie que la nuit, l'organisme élimine l'excès d'acidité accumulé pendant la journée.

Si à partir de midi la valeur est inférieure à 6,5, il fait envisager de corriger l'alimentation, d'apprendre à utiliser les aliments pour rétablir durablement l’équilibre acido-basique. 

et n'oubliez pas que sont également acidifiants :

  • Le surmenage, le stress et le travail nocturne
  • Le manque d’activité physique et d'oxygénation ou au contraire le sport trop intensif
  • Le manque de sommeil